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Journal de Guerre du NNSH

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1 Journal de Guerre du NNSH le Mar 10 Déc - 13:07

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Samedi, 3 juin 1944


Temps : clair et chaud.

Le petit déjeuner pour les groupes en transit (séries 1713, 1714, 1716) a été servi à 1h00. Il était bon. Nous avons finalement atteint le point de départ à 2h45 et nous sommes arrivé à notre « box » près du quai à 4h15; nous y sommes restés jusqu'à 6h45, quand on nous a appelé pour l'embarquement. Nous nous sommes embarqués à Stokes Bay au quai G 1, qui nous était maintenant familier. Nous avons reçu des Rations composées pour six jours. Elles contiennent même du pain cette fois. C'était bon de savoir que nous partions enfin pour accomplir la tâche pour laquelle nous avons attendu si longtemps. Je me suis demandé ce qui se passait dans la tête des autres. Les hommes de tous grades prenaient courage, mais j'imagine qu'un sentiment de bonne vieille nostalgie les touchait tous; nous nous sommes attachés à l'Angleterre ces dernières années et, maintenant, nous nous sentons unis à la petite île par des liens très forts - nous serons de retour bientôt. Tout ce que nous espérons, c'est qu'il fasse beau et que l'opération ne soit pas remise à plus tard. Nous nous trouvons maintenant dans les eaux de Southampton, en face de NETLEY. Les groupes s'embarquent sur les navires de débarquement (Landing Craft Infantry (Large)) cet après-midi, à Southampton.

Dimanche, 4 juin 1944


Temps : clair et venteux.

Il vente terriblement ce matin. Nous sommes amarrés à deux navires de débarquement de chars. Le Padre se trouve sur l'un deux et il a donné un service religieux à 10h30, sur la plage arrière du navire du milieu. C'était un service facultatif, très beau et suivi de la sainte communion. Les catholiques romains ont célébré leur messe à l'avant du navire. Cet après-midi, le bulletin de bord a été publié par le caporal D. Baker et le caporal D. Lynk. Il est très bien fait, comme on peut le juger à l'exemplaire mis en annexe. Le capitaine et l'équipage de ce navire font preuve d'une hospitalité extraordinaire. Le capitaine est le sous-lieutenant H.B. Stubbs et son numéro 1 est l'enseigne C.S. Baker. Une rafale de pluie a soufflé à 20h00 environ et ça regarde mal du côté météo.

Lundi, 5 juin 1944


Temps : clair et frais.

Nous avons eu le plaisir d'un matin tranquille sur notre navire. À 14h00, la flottille est sortie vers le large pour se mettre en position avec les autres navires qui participent à l'invasion. Les types variés et le nombre total de navires sont absolument extraordinaires. Nous pouvons dire sans nous tromper que pareil spectacle n'a jamais été vu auparavant dans le monde. À 16h00, les sacs de sable qui contiennent les cartes sont ouverts et les vraies cartes de l'invasion sont distribuées. Ces cartes ont été émises aux commandants de séries avant l'embarquement et sont restées scellées jusqu'à 16h00.

Mardi, 6 juin 1944


Temps : clair et chaud.

À 6h30, tous les postes radio étaient à l'écoute pour que notre Bataillon soit informé des progrès des bataillons d'assaut. À 8h04, les compagnies avancées de la 7e et de la 8e Brigades d'infanterie mettaient pied à terre. À 9h29, nous avons été informés par la 7e Brigade canadienne d'infanterie que l'opération se déroulait comme prévu sur leur front. À 11h00, nous avons reçu l'ordre de débarquer au milieu de la 8e Brigade canadienne d'infanterie, comme prévu. À 11h40, les troupes du navire de débarquement LCI(L) ont touché la plage NAN WHITE, ST BERNIERES, point de référence 9985, carte 7E/5, et ont signalé «NAGA». À 12h35, après plusieurs amerrissages et après avoir trouvé la plage bloquée par les navires de la 8e Brigade canadienne d'infanterie, nous avons réussi à débarquer. Les seules pertes ont été une autochenille de mortiers et son équipage, qui ont sauté sur une mine après avoir touché terre.

À 14h00, toutes nos troupes étaient à terre, mais comme la 8e Brigade canadienne d'infanterie n'avait pas pu avancer aussi facilement qu'elle le croyait, nous n'avons pas pu passer à travers la ville et nous n'avons pas pu nous rassembler à « ELDER » près de BÉNY-SUR-MER comme prévu; l'officier commandant a décidé de rassembler le bataillon dans un champ, point de référence 993845. À 16h05, le bataillon pouvait avancer vers « ELDER » et il y est arrivé à 16h44, après avoir contourné la 8e Brigade canadienne d'infanterie. Nous venions juste d'arriver à ce point de rassemblement quand nous avons subi un feu d'obus et de mortiers qui a causé cinq pertes, deux morts et trois blessés. Le Brigadier nous a alors dit de nous déplacer aussitôt que nous serions prêts.

L'officier commandant nous a donné l'ordre de départ à 18h20 et le Bataillon s'est mis en marche tel que prévu, dans l'ordre suivant : les troupes de reconnaissance du 27e Régiment blindé canadien formait un écran, suivi du peloton d'autochenilles sous le commandement du capitaine E.S. Gray, chaque section transportant un peloton de la compagnie C; suivait un peloton de mitrailleuses, une troupe de M 10, deux sections d'assaut de pionniers et quatre détachements de nos canons antichars. Ceci composait l'avant-garde sous le commandement du major J.D. Learment. La compagnie A était sur la droite de l'axe sur les chars de l'escadron A, la compagnie B était sur la gauche sur les chars de l'escadron B et la compagnie D sur les chars de l'escadron C, ces derniers formant l'arrière sur l'axe principal. Le poste de commandement suivait l'avant-garde, le quartier général du bataillon et la compagnie de support étant avec la compagnie D. L'objectif : l'aéroport de Carpiquet. À cause des difficultés éprouvées par la 8e Brigade canadienne d'infanterie à déloger l'ennemi et comme le temps passait, il a été décidé de passer à travers son front avant qu'elle ne consolide son objectif, pour ensuite continuer sur notre axe.

L'avant-garde n'a pas rencontré d'opposition sérieuse avant d'atteindre VILLONS-LES-BUISSONS, où elle a transmis le mot de code « DORIS ». En revanche, la compagnie A et l'escadron A de chars ont été pris dans un combat à COLOMBY-SUR-THAON. Cela n'a pas duré longtemps, mais ils ont été retardés, ainsi que la compagnie D qui venait derrière eux avec l'escadron de chars C. Il était évident à ce moment que le bataillon ne pourrait atteindre son objectif avant la noirceur, et les autorités supérieures nous ont ordonné de ne pas dépasser la ligne « DORIS », la croisée de chemins au point de référence 007777, carte 7F/1, mais plutôt de nous retrancher où nous étions pour former une base solide pendant qu'il faisait encore jour. Comme l'avant-garde disputait déjà VILLONS-LES-BUISSONS, enlevant trois nids de mitrailleuses et tuant presque toutes leurs équipes, s'emparant d'armes et de prisonniers, l'officier commandant a décidé de serrer les rangs du bataillon et de se consolider de part et d'autre de la croisée de la route ANISY-LES-BUISSONS - CAEN. L'avant-garde, se trouvant de part et d'autre de la route de CAEN, s'est retranchée et a envoyé des patrouilles à ANISY et à VILLONS-LES-BUISSONS. La compagnie B et les chars de l'escadron B sont arrivés une demi-heure plus tard et se sont retranchés sur le flanc gauche, de part et d'autre de la route d'ANISY.

Pertes pour aujourd'hui :
Tués - 4 hommes du rang
Blessés - 6 hommes du rang

Source: National Archives of Canada, RG-24, volume 15122

http://north-novas.kanak.fr

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